En revenant de l'université, je croise un camion. Évidemment, il fallait qu'il s'agisse d'un camion amenant des cochons à l'abattoir. Assez ironique si on considère le fait que je venais de terminer une présentation orale sur un livre à propos du véganisme...
La voiture dans laquelle je me trouvais comme passagère a dépassé ce camion. Un bref instant, une lueur a éclairé l'intérieur. J'ai entrevu en un millième de seconde des yeux. Ceux d'un des cochons. Et un peu son groin.
Tant de tristesse dans ce furtif regard. La sienne, parce qu'il savait ce qui allait lui arriver, ainsi qu'à ses confrères d'infortune. La mienne, parce que je ressentais sa peur, et parce que je me trouvais impuissante face à son funeste sort.
Tout ça pour quoi? Pour que des personnes se gavent de "chops" de porc et de bacon, avant de se lancer à l'assaut des groupes Facebook véganes pour scander à l'unisson "mmmm bacon". Quand on sait tous très bien que le bacon végane existe, et que de toute façon une simple saveur de dix minutes n'est pas plus importante qu'une vie.
Je te comprends, pauvre cochon. Je sais que toi, dans ta tête, tu ne te dis pas "mmm bacon" mais plutôt "mmm l'herbe fraîche et la vie paisible que j'aurais pu avoir". Je sais que tu souffres, que tu as peur, que tu comprends où tu vas et pourquoi. Je sais que tu trembles, devant cet inéluctable destin.
Et je veux te dire que les "humains" ne sont pas tous insensibles. Qu'il y en a qui, comme moi, choisissent de laisser tes congénères vivre. Qui savent qu'on peut manger autre chose. Que ta vie est aussi importante que la nôtre. Que tu mérites de vivre, plus encore, que tu en as le DROIT.
Je ne pouvais pas t'aider. Je ne pouvais pas te sauver, mais j'aurais tellement voulu. J'espère que tu as pu lire cet amour et cette compassion dans mon regard, durant ce bref instant. J'espère que tu as vécu un sursaut d'amour durant ta courte vie avant de mourir. J'espère que tu sais que durant ce regard, tu n'étais plus seul. Et que je vais continuer de faire ma part en refusant de participer à toute exploitation animale, et en tentant de convaincre les gens d'en faire autant.
Je pense à toi, petit cochon. Je n'ai pas pu te sauver, mais saches que chaque jour je contribue à sauver tes semblables, ainsi que plusieurs autres animaux. Je voudrais que ton regard si miséreux hante le coeur et l'âme de tous ceux qui contribuent à ce massacre, cet holocauste d'animaux, et qui disent s'appeler des êtres humains, alors qu'ils montrent une totale absence d'empathie pour les animaux. Je voudrais que ton regard les marque à jamais, pour qu'un jour le soleil se lève sur un monde plus humain, un monde végane.
Et saches que je penserai à toi chaque jour.
Ton texte me renverse le cœur !
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